Notre rapport d'activité portant sur l'année 2025 est sorti !
L'année 2025 a été une année cruciale et très chargée pour le FFMed
Une fois de plus, l'année 2025 nous rappelle que les droits des femmes ne sont jamais définitivement acquis. Ils s'inscrivent dans une résistance continue, collective et profondément politique.
Dans un contexte mondial marqué par les guerres, l’aggravation des conflits, le durcissement de nombreux régimes politiques et la remise en cause de droits fondamentaux, les mouvements féministes font face à une pression croissante. À cela s’ajoute une baisse notable et inquiétante de l’aide publique au développement – dont les luttes pour l’égalité de genre bénéficient déjà peu –, le retrait de plusieurs bailleurs historiques, ainsi qu'une multiplication des discours et politiques réactionnaires nourrissant un backlash antigenre (un backlash est une réaction forte et négative contre un changement social, politique… ici contre l’égalité de genre). Sur le pourtour méditerranéen comme ailleurs, l’année 2025 a vu se déployer des campagnes hostiles aux droits sexuels et reproductifs et une stigmatisation accrue des mouvements féministes.
Dans ce contexte, résister n’est pas seulement un acte politique : c’est une condition de survie pour les mouvements féministes et démocratiques. Tout au long de l’année, le Fonds pour les Femmes en Méditerranée (FFMed) a poursuivi son engagement auprès de ses partenaires, au Sud comme au Nord de la Méditerranée, afin de répondre à des urgences de plus en plus nombreuses et complexes.
Ainsi, en 2025, nous sommes fières d’avoir soutenu 253 initiatives féministes, affirmant ainsi notre engagement aux côtés des organisations de terrain, pierre angulaire du changement. Nos rencontres avec elles nous l’ont rappelé : c’est par la proximité, l’écoute attentive et une compréhension fine des réalités locales que l’on peut construire un soutien juste, utile et durable. Outre cet engagement au plus près du terrain, l’année nous a également conduites à soutenir de nombreuses militantes et activistes féministes – dont les voix sont souvent marginalisées – leur permettant d’intervenir dans les plus hautes instances internationales, notamment lors de la CSW 69 à New York, du Conseil des Droits de l’Homme à Genève, de la 4e conférence sur le financement du développement à Séville ou de la 4e conférence sur les diplomaties féministes de Paris. Parallèlement, nous avons renforcé nos alliances avec d’autres fonds féministes et réseaux partenaires, une démarche cruciale pour consolider une communauté de pratique fondée sur la confiance, la complémentarité et la solidarité transnationale.
Enfin, nous avons intensifié notre présence dans les espaces de dialogue avec les bailleurs publics et privés, afin de plaider sans relâche pour un financement féministe pérenne, flexible et à la hauteur des enjeux. De fait, les coupes budgétaires qui touchent aujourd’hui les organisations engagées pour l’égalité des droits ne sont ni neutres ni accidentelles : elles fragilisent en priorité celles qui résistent. C’est la raison pour laquelle cette hémoragie doit cesser de toute urgence.
Malgré les difficultés qu’implique cette période incertaine, le FFMed a su faire preuve d’une résilience et d’une capacité d’adaptation stratégique qui méritent d’être soulignées. Plus que jamais, l’équipe du FFMed est prête à faire face : l’année 2025 a été celle d’un renouveau interne, avec un changement de direction et deux nouveaux recrutements.Une attention particulière a aussi été portée au care collectif : dans un environnement militant éprouvant, nous avons pris le temps de réfléchir à nos pratiques, de renforcer nos mécanismes de solidarité internes et de prendre soin les unes des autres.
Ainsi, pour l’heure, le FFMed tient bon. Une stabilité précieuse, conquise de haute lutte, fruit d’un engagement collectif, d’alliances solides et d’un plaidoyer constant. 2025 restera ainsi dans notre histoire comme une année d’épreuve — mais surtout comme une année qui confirme la pertinence de notre modèle. Elle montre que les fonds féministes ne sont pas des acteurs périphériques mais des leviers essentiels pour la transformation sociale, la défense des droits humains et l’avenir des mouvements féministes.
Nous remercions chaleureusement les partenaires qui nous font confiance, les réseaux avec lesquels nous co-construisons des réponses transformatrices ainsi que toutes les personnes qui rendent possible ce travail indispensable.
Amina Izarouken & Marion Duquesne
Co-directrices du Fonds pour les Femmes en Méditerranée