"Où est l'argent contre mes violences faites aux femmes ?"
Pour lutter efficacement contre les violences faites aux femmes, investissons !

Où est l'argent ?

Le Conseil Économique, Social et Environnemental, la Fondation des Femmes, le Fonds pour les Femmes en Méditerranée, le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes et Women’s WorldWide Web ont organisé le 22 novembre 2018, un évènement intitulé « Où est l’argent pour lutter contre les violences faites aux femmes?» dans le but d’interpeller les pouvoirs publics sur les financements nécessaires pour mener une politique efficace dans ce domaine.
Les violences faites aux femmes sont un phénomène d’ampleur : 123 femmes ont été tuées par leur compagnon en 2016. Le féminicide constitue la forme la plus extrême de violence contre les femmes.
Environ 225 000 femmes sont victimes de violences conjugales (physiques et/ou sexuelles). 14% d’entre elles ont porté plainte. Environ 84 000 femmes déclarent avoir été victimes de viol ou de tentative de viol chaque année (240 femmes/jour). Dans 86% des cas, ces agressions ont été perpétrées par une personne connue de la victime. Quitter son domicile est un moment à haut risque pour ces femmes : c’est au moment de la séparation que se produisent le plus grand nombre de féminicides. Mal accompagnées, les femmes victimes de violences conjugales continuent d’être en danger.

Dans une enquête inédite( télécharger le rapport complet) réalisée par notre collectif et rendue publique le 22 novembre, estime nécessaire

500 millions d’euros par an


pour des parcours de sortie des violences conjugales adaptés et en nombre suffisant.

Une hypothèse haute, réalisée à partir du nombre de femmes déclarant des violences conjugales, sans qu’elles soient nécessairement constatées par les forces de l’ordre, s’élève à 1,1 milliard d’euros. Or les données dont nous disposons indique que seulement 79 millions d’euros/ an sont investis par l’état dans les dispositifs qui jalonnent le parcours de sortie des femmes.

Côté financement privé, une étude soutenue par la Mairie de Paris et réalisée par le Fonds pour les Femmes en Méditerranée en collaboration avec le Centre Français des Fondations auprès d’un échantillon de 33 fonds et fondations oeuvrant en France, indique que bien que

100 % des fondations considèrent cette question importante,
mais la majorité d’entre elles investissent moins de 10 % de leur budget à cette cause


Le rapport rendu public propose en conclusion cinq recommandations à destination des financeurs publics et également privés, quasi absents du financement contre les violences faites aux femmes :
● Augmenter le budget des parcours de sortie des femmes victimes de violences conjugales à hauteur de 500 millions d’euros par an.
● Rendre publiques les données financières relatives à la lutte contre les violences faites aux femmes, qu’il s’agisse du budget de l’Etat ou des collectivités territoriales.
● Renforcer l’action des associations qui oeuvrent pour les droits des femmes, en augmentant leurs subventions à la hauteur des besoins estimés, en programmant leur financement sur la durée des plans contre les violences, en permettant le développement des financements hors projets et en reconnaissant davantage leur expertise en matière de politiques publiques.
● Utiliser la budgétisation intégrant l’égalité , développer et diffuser des statistiques sexuées, pour que l’argent public soit un outil d’égalité.
● Diversifier les financements de la lutte contre les violences faites aux femmes ,
en engageant le secteur philanthropique à participer à la mobilisation générale et en encourageant les campagnes de dons en faveur des structures oeuvrant en faveur des droits des femmes.

Ce colloque faisait suite à celui de 2017 par l'ensemble des organisations sur le thème « Où est l’argent pour les droits des femmes ? ».